L'histoire qui commence ici est donc totalement contradictoire et même antinomique.
C'est l'histoire absolument invraisemblable et pourtant bien réelle d'un Nîmois que tout opposait dés sa naissance, non pas par accident mais par nature, aux vertus et aux caractéristiques habituelles, qu'elles soient culturelles ou supposées ataviques, du vrai Nîmois.
Du moins, ce Nîmois - et c'est souvent qu'on le rencontre - qui se définit et se réfugie, quelle que soit sa caste, dans les cercles tauromachiques ou boulistes ou au sein de l'élite des passionnés d'histoire, quelquefois érudits, ayant pratiqué à fond la lecture des textes fondateurs, oeuvres de ces prêtres et bourgeois hagiographes de la ville, ou encore, définissable comme espèce plus courante et discrète, simples amoureux de ses ruines pouvant se réclamer d'ancêtres parpaillots souvent descendus des Cévennes et des "déserts" où se cachaient et officiaient les religionnaires, ou enfin, pour ne laisser de côté aucun secteur majeur de l'agglomération dans ses fondements, de parents ayant travaillé sur le métier ou fait fortune dans la vente de la toile dite de Nîmes, ou bien dans l'Indienne et dans la soie du mûrier, dans la peausserie camarguaise, la chaussure ou la morue, ou le sel, ou le vin des Costières, ou l'huile essentiellement pressée de petites olives picholine, ou encore dans cette tradition sociale née de l'industrie qui a fait longtemps de Nîmes un bastion du communisme, ou pour clore l'énumération, dans la revendication d'être maintenant héritier et descendant de tout cela à la fois.
C'est l'histoire absolument invraisemblable et pourtant bien réelle d'un Nîmois que tout opposait dés sa naissance, non pas par accident mais par nature, aux vertus et aux caractéristiques habituelles, qu'elles soient culturelles ou supposées ataviques, du vrai Nîmois.
Du moins, ce Nîmois - et c'est souvent qu'on le rencontre - qui se définit et se réfugie, quelle que soit sa caste, dans les cercles tauromachiques ou boulistes ou au sein de l'élite des passionnés d'histoire, quelquefois érudits, ayant pratiqué à fond la lecture des textes fondateurs, oeuvres de ces prêtres et bourgeois hagiographes de la ville, ou encore, définissable comme espèce plus courante et discrète, simples amoureux de ses ruines pouvant se réclamer d'ancêtres parpaillots souvent descendus des Cévennes et des "déserts" où se cachaient et officiaient les religionnaires, ou enfin, pour ne laisser de côté aucun secteur majeur de l'agglomération dans ses fondements, de parents ayant travaillé sur le métier ou fait fortune dans la vente de la toile dite de Nîmes, ou bien dans l'Indienne et dans la soie du mûrier, dans la peausserie camarguaise, la chaussure ou la morue, ou le sel, ou le vin des Costières, ou l'huile essentiellement pressée de petites olives picholine, ou encore dans cette tradition sociale née de l'industrie qui a fait longtemps de Nîmes un bastion du communisme, ou pour clore l'énumération, dans la revendication d'être maintenant héritier et descendant de tout cela à la fois.
Arrivés à ce point vous croyez déjà savoir qu'il sera question ici, par dessus tout ça, de romanité, de fierté, de parcimonie, d'économie du verbe, de classicisme, de tradition et d'anti-modernité, de solide ancrage dans l'accent et dans le passé, bref dans cet univers éloigné des surfaces miroitantes et changeantes, de l'orgueil d'être né dans la certitude immuable, vraie ou fausse, que semble imprimer et transmettre la pierre gravée en profondeur.
Mais justement, par opposition, partiellement par antiphrase et beaucoup plus qu'oxymore, pour aller naturellement à rebours, se pose alors la question de confiance : s'il existe, ce Nîmois là, il en existe un autre, . . . excentrique jusqu'aux frontières toujours possibles de l'exclusion, de l'ostracisme.
Et alors, se pose la vraie question, comment a-t-il pu non seulement exister ici mais surtout s'y infiltrer, s’immiscer dans un tel paysage, s'y faire adopter et même reconnaître plus que seulement y survivre, dans un tel milieu aussi fortement accentué et caractérisé . . . sans se "convertir" ? Et je ne parle ni de mœurs ni de religion, entendons-nous bien, ni d'origine nationale, je parle de ce Nîmois qui ne se réclamant d'aucune de ses supposées valeurs issues de la seule extraction historique et territoriale, en viendrait à être, apparemment hypothétique, chimérique, au moins difficilement pensable, de ce Nîmois pourtant de fait, de droit et d'avantages, qui viendrait à être lui aussi part de la cité, heureux d'y vivre, lui aussi nîmois.
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